Action du 13 novembre 2013.
Jabeur Mejri est en prison depuis 1 an et 9 mois !


Le comité de soutien de Jabeur Mejri a organisé une projection d’un film documentaire “L’Affaire oubliée” réalisé par un jeune tunisien Marwen ben Saada suivie d’un débat.

Malgré le mauvais temps, la salle (le café Liber’thé) a été pleine au point que certains n’ont pas trouvé de places assise. A noter que les sœurs de Jabeur ainsi que leur cousine se sont déplacées de Mahdia pour apporter leur soutien fort à cet évènement. Amnesty Groupe el Ouardia nous a aussi accompagné  : les jeunes ont collecté des signatures pour la pétition ainsi que des petits mots à transmettre à Jabeur par courrier.

Après la projection et à la demande d’un des présents, nous avons observé une minute de silence en mémoire  de l’ancien défenseur  des Droits de l’Homme qui dort dans son palais à Carthage.

Plusieurs questions ont été posées :

Q – Que sommes-nous en train de faire pour libérer Jabeur ?
R –
(1) Nous avons redéposé une demande de grâce même si la première demande nous a été retournée.

(2) Nous organisons un évènement tous les 13 de chaque mois pour rappeler que Jabeur Mejri ne doit pas être en prison pour ses idées.

(3) Nous maintenons la pression médiatique nationale et internationale.

(4) la FIDH et Amnesty (sur le plan national et international) lancent des campagnes de soutien : pétitions, marathon de lettres…

Q – Pourquoi les tunisiens ont du mal à soutenir et à adhérer à cette cause ?

R –
le Tunisien est plus habitué à défendre des personnes en qui il peut s’identifier et avec qui il partage les mêmes idées. C’est à nous de sensibiliser le gens pour défendre la liberté d’expression et de pensée même si nous ne partageons pas la même pensée.

Q – Ne faut-il pas changer les textes de loi qui ont conduit à une telle aberration ?

R- Tout à fait ! Rappelons que dans les PV d’investigation, les questions tournaient sur l’atteinte du sacré, la croyance… mais le jugement prononcé a été 5 ans  pour « trouble à l’ordre public, 2 ans pour offense à autrui via des réseaux de télécommunication et 6 mois pour bonnes mœurs ».

Q – Pourquoi Jabeur est toujours en prison ? Qu’est ce qui bloque ?

R – A cette question, nous n’avons pas de réponse, c’est au président de nous dire quel moment lui semble opportun ! Est-ce qu’il se réserve une dernière carte politique ? Est-ce qu’il croit vraiment que Jabeur est mieux en prison ?

Nous réitérons nos remerciement à Marwen Ben Saada qui a donné de son temps et de son argent pour la réalisation du film, à la ligue des humanistes qui se charge de relayer ce documentaire, à Amnesty et particulièrement groupe El Ouardia, à la FIDH, au café liber’thé qui nous a ouvert ses porte et tous les amis qui nous ont aidé pour réussir cet évènement.

Rendez-vous le 13 décembre ! Car tant que nos libertés sont menacées nous ne baisserons pas les bras !

 

Source

Tunis, le 13 octobre 2013

Monsieur Moncef Marzouki

Président de la République Tunisienne

Palais de Carthage

 

Objet : témoignage de solidarité pour la libération de Jabeur Mejr

P.J. : Dossier contenant 13 dessins

Monsieur le Président de la République,

 

Nous tenons à vous féliciter d’avoir décrété le 13 mars comme la journée nationale des libertés d’Internet. Il est essentiel pour la défense des libertés individuelles, et en particulier la liberté d’expression d’aller au-delà des déclarations et des célébrations officielles.

Aujourd’hui, dans la Tunisie postrévolutionnaire, avec à sa tête l’ancien Président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, des jeunes sont en prison pour avoir exprimé une opinion. Jabeur Mejri est en prison depuis plus d’une année et demie et est condamné pour 7 ans et demi de prison ainsi qu’une amende de 1200 DT pour avoir exprimé une opinion.

Voilà pourquoi, nous avons introduit une 1ère demande de grâce présidentielle auprès de vos services. Celle-ci a été refusée. Nous renouvellerons cette demande très prochainement car il est inconcevable que Jabeur Mejri reste incarcéré.

Nous sommes tous Jabeur Mejri car avec Jabeur Mejri en prison, c’est la liberté d’expression et de conscience de l’ensemble des tunisiens qui est emprisonnée. A ce titre, chaque 13 du mois, en référence à la journée du 13 mars, nous agirons pour rappeler à la jeunesse tunisienne, à la classe politique, aux associations, à la société civile et plus globalement à l’ensemble de nos concitoyens que c’est un droit inaliénable que de pouvoir exprimer une pensée, une idée, une vision du monde.

Après le sit-in et les animations du 13 septembre, ce mois-ci 13 dessinateurs tunisiens et amis de la Tunisie ont réalisé à votre attention et à celle de Jabeur Mejri 13 dessins pour exprimer leur solidarité de manière concrète que nous vous adressons avec le présent courrier. Nous envoyons ce même courrier à Jabeur Mejri et nous ne doutons pas que votre administration ne bloquerait pas ce témoignage de soutien mais au contraire aurait à cœur que ses lettres lui parviennent dans les meilleures conditions.

Ces dessins seront dans un premier temps exposés sur internet et feront, avec d’autres, l’objet d’expositions à chaque occasion qui pourra nous être donnée.

Cette mobilisation continuera et grandira jusqu’à ce que Jabeur Mejri soit libéré et que toutes les garanties soient données pour la préservation des acquis de la Révolution quant aux libertés individuelles et à nouveau en premier lieu, la liberté d’expression.

Dans l’attente cruelle et partagée avec la famille et les amis de Jabeur Mejri de ce moment, nous sommes à votre disposition pour vous donner à nouveau l’ensemble des éléments qui permettront de parvenir à cette juste libération.

 

Comité de soutien Jabeur et Ghazi

kolna.jabeur.kolna.ghazi@gmail.com

http://jabeurghazifree.blogspot.fr/

https://www.facebook.com/PourLaGracePresidentielleDeJabeurEtGhazi?fref=ts

 

Avec la participation de

 Amar Bézouère

Anis Chelbi

Yahia Boulahia

Bésot  

Elchicotriste

Willis from Tunis

Bizz

_Z_

@revolution

Malkomix

Dlog

Gris-Grain

Flask

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Source

 Une demande de grâce a été déposée pour Jabeur Mejri au mois de juin. Nous avons reçu en fin de semaine la réponse officielle via l’avocate du comité de soutien de cette 1ère demande qui se solde par un refus officiel de la part de la Présidence
Au moment où nous écrivons ces lignes, aucune information concernant Jabeur ne nous est parvenue sur sa présence ou non sur la liste des 1039 prisonniers libérés à l’occasion de l’Aïd.
Nous accusons réception du refus officiel de la demande de grâce de Jabeur Mejri et nous nous étonnons de l’intérêt que le Président prétend porter à ce jeune tunisien.
Ce refus est total contradiction avec les promesses jetées ici ou là par son entourage et au-delà avec ses prises de position officielles lors de vos visites à l’étranger. Il semble qu’entre les paroles et les actes, il y ait un gouffre dans lequel il a été décidé de jeter Jabeur Mejri.
Le Comité de soutien et la famille de Jabeur Mejri a déposé un recours en grâce dès que l’ensemble des procédures juridiques ont été épuisées. Depuis, nous avons été reçus à plusieurs reprises par les conseillers de Moncef Marzouki, en Juillet 2013. Rencontres qui nous ont permis d’affirmer avec force que Jabeur était un prisonnier d’opinion et qu’il fallait le libérer, ce avec quoi nos interlocuteurs, ces conseillers, étaient parfaitement d’accord.
Nous avons adressé un courrier à la Présidence qui est resté sans réponse.
Nous avons alors tenté de contacter les conseillers de la Présidence pour avoir des explications, pour comprendre, pourquoi Jabeur n’avait pas été gracié cet été.
Mais aucune réponse là encore.
Et pour cause : quelle explication fournir de manière officielle pour justifier la détention d’un prisonnier d’opinion dans la Tunisie postrévolutionnaire ? Comme nous l’avions indiqué alors, nous ne baisserons pas les bras devant ce mutisme en Tunisie et les prises de position contradictoire de la Présidence.
Voilà pourquoi, nous avons lancé le mouvement du 13 mars (en référence à la journée nationale de la liberté d’expression sur Internet initiée par le Président en personne) et nous nous sommes engagées à réaliser des actions chaque 13 du mois.
Nos paroles sont confirmées par nos actes et nous avons respecté nos engagements.
Avec ce mouvement du 13 mars, la mobilisation grandit auprès de la jeunesse, de la société civile, des ONG tunisiennes et étrangères.
Nous annonçons par le présent communiqué que nous accusons réception de ce premier refus officiel de Moncef Marzouki de libérer Jabeur Mejri mais qu’il nous est impossible de l’accepter au nom des principes et des valeurs de la Tunisie postrévolutionnaire.
Voilà pourquoi, nous réitérons cette demande de grâce et allons procéder, à nouveau, à l’ensemble des démarches administratives dans ce sens Nous appelons l’ensemble de nos soutiens et en premier lieu la jeunesse tunisienne à rester mobilisée pour cette cause au nom de la Révolution qu’elle a porté.
Avec Jabeur Mejri, c’est la Liberté d’expression d’un peuple qu’on emprisonne.
Le comité de soutien à Jabeur Mejri

Une nouvelle grâce présidentielle.

Le Comité en attente d’informations fiables

Aujourd’hui, vendredi 11 octobre 2013, une grâce présidentielle a été accordée à 1039 prisonniers. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas encore si Jabeur Mejri fait parti des prisonniers graciés.
Dès que des informations précises et fiables nous parviendront, nous les communiquerons immédiatement.
La famille, les amis et le Comité de soutien à Jabeur ont l’espoir que ce dernier sera libéré.

 

Le Comité de soutien

Retour sur un rassemblement qui s’est tenu à Paris ce jour.

L’appel lancé sur internet et photos
L’appel :
Samedi 21 septembre 2013, Lafayette, Tunis, à 4h du matin, descente au domicile de Nejib Abidi, activiste et fondateur de Radio Chaabi et membre fondateur des mouvements des jeunes révolutionnaires en Tunisie et arrestation des 8 personnes présentes:
- Nejib ABIDI, cinéaste et président d’Asso Chaabi
- Yahya DRIDI, technicien de son
- Abdallah YAHYA, cinéaste engagé
- Slim ABIDA, musicien et compositeur du groupe JazzOil
- Mahmoud AYED, musicien du groupe JazzOil
- Skander BEN ABID, musicien
- et deux autres camarades militantes.

Ces arrestations confirment un processus méthodique de répression de l’Etat contre les forces actives de la révolution.
L’acharnement judiciaire et policier qui frappe de nombreux artistes, journalistes et citoyens révèle l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Tout cela se passe avec le silence scandaleux d’une large frange de l’opposition qui, choisissant d’être dans des calculs électoraux, refuse de s’emparer de certaines causes pour lesquelles la jeunesse s’est battue.

Nous tunisiens et tunisiennes vivant en France, dénonçons et condamnons la répression systémique de toutes les dynamiques révolutionnaires.

Nous condamnons l’inscription du gouvernement dans les manœuvres de la dictature de Ben Ali pour taire les voix des forces révolutionnaires et son appui sur les institutions policières qui continuent à agir en toute impunité.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de nos camarades et de tous les prisonniers de la révolution et exigeons la fin de cette terreur politique.

Mobilisons nous pour la libération de tous les jeunes révolutionnaires détenus dans les prisons de l’Etat.

 

 


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Azyz Amami, un des blogueurs emblématiques de la révolution qui a renversé le régime de Ben Ali en 2011, écrit une lettre ouverte à Edgar Morin pour lui raconter cinq histoires de la Tunisie actuelle, et lui demander de soutenir les jeunes résistants d’aujourd’hui.

TRIBUNE

Cher monsieur Morin, avant de commencer, laissez-moi vous faire cette confidence : je ne croyais pas que vous écrire aurait été une tâche si dure. J’ai commencé cette lettre il y a douze jours. Mais à chaque fois que j’avançais, je ne pouvais que reculer pour réexaminer ce que j’écrivais. Quand on s’adresse à vous, monsieur Morin, il faut savoir mesurer ses paroles. Le poids de votre travail cognitif et de votre lutte impose le respect.

 

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Urgent : Rassemblement Paris (Pl. de la Rep) à 18h30

Posted: 23rd September 2013 by 13mars in FreeJabeur

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Source facebook lire ici

 

Samedi 21 septembre 2013, Lafayette, Tunis, à 4h du matin, descente au domicile de Nejib Abidi, activiste et fondateur de Radio Chaabi et membre fondateur des mouvements des jeunes révolutionnaires en Tunisie et arrestation des 8 personnes présentes:
- Nejib ABIDI, cinéaste et président d’Asso Chaabi
- Yahya DRIDI, technicien de son
- Abdallah YAHYA, cinéaste engagé
- Slim ABIDA, musicien et compositeur du groupe JazzOil
- Mahmoud AYED, musicien du groupe JazzOil
- Skander BEN ABID, musicien
- et deux autres camarades militantes.

Ces arrestations confirment un processus méthodique de répression de l’Etat contre les forces actives de la révolution.
L’acharnement judiciaire et policier qui frappe de nombreux artistes, journalistes et citoyens révèle l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Tout cela se passe avec le silence scandaleux d’une large frange de l’opposition qui, choisissant d’être dans des calculs électoraux, refuse de s’emparer de certaines causes pour lesquelles la jeunesse s’est battue.

Nous tunisiens et tunisiennes vivant en France, dénonçons et condamnons la répression systémique de toutes les dynamiques révolutionnaires.

Nous condamnons l’inscription du gouvernement dans les manœuvres de la dictature de Ben Ali pour taire les voix des forces révolutionnaires et son appui sur les institutions policières qui continuent à agir en toute impunité.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de nos camarades et de tous les prisonniers de la révolution et exigeons la fin de cette terreur politique.

Mobilisons nous pour la libération de tous les jeunes révolutionnaires détenus dans les prisons de l’Etat.

Rassemblement Place de la République mercredi 25 septembre à 18h30

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Alerte reçue par mail, nous attendons des précisions. N’hésitez pas à nous contacter ou à commenter si vous avez des informations.

“LES PRISONS TUNISIENNES POUR LA PRODUCTION ARTISTIQUE

Aux alentours de 4 heures du matin, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 septembre 2013, Nejib Abidi, Yahya Dridi, Abdallah Yahya, Slim Abida, Mahmoud Ayed, Skander Ben Abid, accompagnés de deux amies artistes et étudiantes engagées et activistes ont été arrêtés au domicile de Nejib Abidi situé dans le quartier Lafayette à Tunis. Nous n’avons réussi à obtenir que très peu d’informations. Nous savons qu’ils ont été d’abord conduits au commissariat de Bab Bhar à Tunis dans lequel ils sont restés environ douze heures et où ils ont été vus pour la dernière fois par une amie. A l’heure actuelle, nous ignorons tout du lieu où ils ont été conduits et de leur état de santé. Aucune raison officielle justifiant leur arrestation et leur détention n’a été communiquée.

NEJIB ABIDI, 29 ans, est cinéaste et président d’Asso Chaabi, ancien syndicaliste à l’UGET. Il est connu pour ses positions opposantes radicales au gouvernement de Ben Ali et a ceux qui lui ont succédé depuis le 14 janvier 2011. La veille de son arrestation, un des deux disques durs, contenant les rushs de son documentaire en préparation, a été volé à son domicile, les données d’un autre disque dur ont été effacées définitivement après formatage. Nejib est apparu publiquement pour la dernière fois lors des rassemblements de soutien à Jabeur Mejri et à Nassredine Shili. Ce dernier est le producteur de son film.

YAHYA DRIDI, 26 ans est ingénieur du son et secrétaire général d’Asso Chaabi. Il travaille depuis longtemps avec Nejib. Ils ont mené ensemble depuis le début les investigations et le tournage du documentaire pour lequel ils se sont rendus en en Italie. Attentif aux questions de justice sociale et militant aussi de la première heure, Yahya s’investit essentiellement sur des films engagés. Il réside entre la Tunisie et la France où il mène ses activités artistiques.

ABDALLAH YAHYA, 34 ans, est réalisateur. Son documentaire « Nous sommes ici » est sorti l’année dernière. Il met en lumière le quotidien des habitants de Jebel Jloud, quartier situé à quelques kilomètres de la capitale où sont concentrés chômage, misère économique et difficultés sociales. Son prochain film « Le Retour », en phase de réalisation finale, est également produit par Nassredine Shili.

SLIM ABIDA, 33 ans, est musicien bassiste, fondateur du groupe Jazz Oil. Il réside entre Tunis et Paris. Présent sur la scène musicale contestataire depuis plus de 10 ans, il travaille avec Nejib, Yahya et Mahmoud sur la bande son de leur prochain film.

MAHMOUD AYAD, 29 ans est pianiste. Il a travaillé avec de nombreuses personnalités de la scène alternative et contestataire en Tunisie.

SKANDER BEN ABID, 20 ans, clarinettiste et étudiant à l’ISEC, ainsi que deux amies étudiantes, artistes et activistes étaient également présents. L’arrestation a eu lieu alors qu’ils étaient réunis pour travailler sur la musique du film de Nejib. Cette arrestation prouve encore une fois que le système sécuritaire et répressif mené par le gouvernement et la police est toujours en place. Le gouvernement actuel, qui doit sa mise en place à tous ces jeunes et moins jeunes qui ont dépassés leur peur et ont renversé le dictateur au cours de la Révolution n’a aucunereconnaissance envers le peuple tunisien et sa jeunesse active. Il spolie notre Révolution et bafoue nos droits. Nos amis se battent pour la liberté et la justice au quotidien. A travers un choix de vie qui vise à faire progresser notre société, ils ont un réel souci de l’autre et en particulier de leurs concitoyens, méprisés par le système. Leur arrestation qui s’inscrit dans la lignée de celles de Jabeur Mejri, Ghazi Beji, Weld El 15, Klay BBJ, Nessreddine Shili vise à poignarder la Liberté d’Expression et la Liberté de Conscience au cœur. Ces libertés fondamentales semblaient acquises après le 14 Janvier. Certains députés avaient même garanti leur inscription dans la Constitution et le gouvernement se vantait d’avoir instauré un Etat de Droits.

Nous sommes révoltés de constater toute cette injustice qui s’abat sur les jeunes tunisiens révolutionnaires quand, en même temps, des membres du RDC sont remis en liberté, des criminels sortent des tribunaux avec des remises de peines, du sursis et que par dessus tout, on ne sait toujours pas qui a tué Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

Nous venons, par ce communiqué, revendiquer haut et fort :

- LA LIBERATION IMMEDIATE ET SANS CONDITIONS DE NEJIB, YAHYIA, ABDELLAH, SLIM, YAHYA, MAHMOUD, SKANDER, AYA, AMAL, NASSREDDINE, JABEUR, WELD EL 15, KLAY BBJ ET DE TOUS CEUX QUI SUBISSENT LA REPRESSION A L’EGARD DE LA LIBERTE D’EXPRESSION ET DE CONSCIENCE – L’ARRET DES PERSECUTIONS ENVERS LA JEUNESSE ET EN PARTICULIER CELLE QUI CONTINUE A LUTTER POUR LA REALISATION DES OBJECTIFS DE LA REVOLUTION – LE DEMANTELEMENT DE L’APPAREIL REPRESSIF ET LIBERTICIDE HERITE DU REGIME DU 7 NOVEMBRE ET QUI REPOSE SUR LA COLLABORATION ENTRE LA POLICE ET LA JUSTICE

Le comité de soutien aux artistes arrêtés”

En Tunisie, pays où est né le printemps arabe, les islamistes d’Ennahda sont au pouvoir. Tous les jours, des associations dénoncent des violations des libertés publiques. Journalistes mais aussi artistes et rappeurs sont de plus en plus inquiétés par la justice. Un reportage Nadia Blétry et Akim Rezgui.

Source ARTE TV (VIDEO)

 

Moncef Marzouki et la Liberté d’Expression.

Posted: 17th September 2013 by 13mars in Mouvement du 13 mars

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Après avoir porté plainte contre un journaliste, le Président de la République Tunisienne, Moncef Marzouki a gratifié les Tunisiens d’un communiqué sur la Liberté d’Expression. On y apprend que cette liberté est un principe sacré et qu’il faudrait débattre sur une loi pour organiser la presse afin de pallier aux lacunes des législations actuelles. Au mouvement, nous imaginons que pour réfléchir à cette proposition, les journalistes se sont accordés une journée de réflexion en décrétant une grève nationale aujourd’hui.

Relecture du communiqué à la lumière de la réalité du terrain :

En dehors de l’arabe et du français, il semble que les autorités encouragent une autre langue pour expliquer la situation de la liberté d’expression et des droits de l’Homme : la langue de bois.

Il semble que la Présidence a du mal à se faire entendre (voir comprendre) et qu’elle soit obligée de se répéter.

Il semble aussi que la Présidence ait des positions de principe au sujet de la Liberté d’Expression, de la Liberté de la Presse. Si, si. Puisqu’on vous le dit. D’ailleurs, il semble encore que :

1-      … la liberté d’expression soit  sacrée ! Mais si elle touche au sacré, une peine d’emprisonnement vous sera infligée ! 7 ans et demi sans même l’espoir d’une grâce par la bonté divine. Rendez-vous compte, un commentaire lu par 19 personnes sur un réseau social est plus dangereux pour l’ordre public qu’un prêche appelant à la haine et aux meurtres. Pire encore ! Un œuf lancé devient un projectile encore plus dangereux que des balles tirées. La liste « du ridicule qui tue » s’allonge …

2-      … que nous soyons tous égaux devant la Justice. On vous le dit sans rire… La Justice ne se rendrait pas comme chez l’épicier avec deux poids, deux mesures selon le client. Non, c’est vrai l’allégeance compte beaucoup dans la décision. “ Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ”.

3-      … que l’eau chaude n’ait pas encore été inventée à Carthage. Est-ce qu’un Conseiller avisé peut transmettre le décret-loi 2011-115 du 2/11/2011 relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition ? Voir même de transmettre les discussions des partenaires professionnels et les communiqués de RSF sur ce sujet ? On gagnera du temps…

4-      … qu’il est encore temps de discuter des moyens à mettre en œuvre pour avoir des médias neutres et non corrompus. Et indépendants hein aussi pendant qu’on y est, soyons fous. Qui parle de pressions sur les journalistes et les médias ? Sami Fehri ? Tahar Ben Hassine ? Sofiene Ben Farhat ? Qui ? Ce n’est pas une grève générale des journalistes qui peut dire le contraire. Non ? En fait, les journalistes ont compris : ils ont parfaitement le droit de dire du bien du pouvoir.

5-      … qu’il ne faut considérer les abus de la Presse comme des délits, voir comme des crimes qui mériteraient de la prison ferme… Oui et si tu l’ouvres, on t’enferme. Direct la case prison, sans passer par la case départ (la case justice est indisponible par les temps qui courent).

Avec des journalistes en grève nationale, avec des rappeurs en cavale, un internaute condamné à 7 ans et demi pour une opinion, … ce n’est plus un fossé qu’il y a entre la vision des autorités et le terrain à propos des libertés et des droits fondamentaux, c’est un gouffre d’une profondeur abyssale.